À Kisangani, plusieurs cas de violations flagrantes des droits humains ont été émaillés pendant les opérations de rétablissement de l’ordre public par la police nationale congolaise dans la commune de Mangobo. On note que cette commune regorge plusieurs cas de groupes de jeunes d’autodéfense et opposent dans la plupart de cas de résistance aux forces de sécurités des agents de l’ordre de manière générale.

En effet, dans une opération de rétablissement de l’ordre l’on a enregistré plusieurs cas de violations de droits de l’homme entre autres de la police nationale congolaise à Kisangani en générale et le bureau sous CIAT de la commune de Mangobo, violences faites aux femmes, tortures, coups et blessures faits à usage de tirs à balles réelles, menaces de morts, arrestations et détentions arbitraires, pillages, destructions méchantes, etc.

KIS24.INFO a exploité le rapport d’enquêtes de l’ONG Groupe LOTUS, basée à Kisangani et membre de la FIDH, sur la situation des droits humains dans le chef-lieu de la Tshopo, en juin et publié en fin juillet 2020. Voici les faits.

I. Genèse de la situation des violations des droits humains

En date du 05 juin 2020, un conflit entre les jeunes des quartiers BALESE et MATETE (MUNARA) dans la commune de Mangobo avait dégénéré jusqu’à se solder par un affrontement violent entre ces deux groupes.
Parmi les meneurs, Monsieur Dénis LOBELA alias KOBA Président des jeunes de quartier LINDI, qui est le plus cité.

La cause était un fait bénin de grivèlerie dans un petit restaurant appelé communément MALEWA qui a conduit à cet affrontement jusqu’à troubler l’ordre public. Alertés de la situation, les éléments de la police nationale congolaise sont descendus sur le terrain pour rétablir l’ordre public.
Voulant disperser ces jeunes, l’affrontement a cessé d’être entre les jeunes de deux camps, il devient celui des jeunes de LINDI et les policiers venus pour le rétablissement de l’ordre public.
Les tirs à balles réelles ont fait la première victime la fille SOMBO BOKELAKELA Eugénie qui se trouve actuellement avec un bras gauche amputé à l’hôpital général de référence MAKISO.

Ainsi, voyant leur sœur blessée grièvement par balle, l’affrontement était devenu très violent d’où un élément de la police a été sauvagement tué par des jeunes du quartier LINDI à l’aide des coups des machettes et pierres.

Pour se faire, le Groupe LOTUS a condamné avec beaucoup d’énergies ce comportement barbare de la part de ces jeunes de cette partie de la Commune Mangobo.

« Un fait punissable par la loi congolaise.» lit-on dans le rapport.

Cependant, suite aux décès de deux éléments de la PNC à LUBUNGA et à MANGOBO respectivement Monsieur FALIALA RAMAZANI Fabrice et LOPEMBE MANDUKU, Une dizaine d’éléments de la Police ont été largués nuits et jours dans les quartiers LINDI, SEGAMA à Mangobo et Plateau Médicalà Makiso, conduisant aux graves violations et abus des droits de l’homme notamment des arrestations arbitraire, viol, harcèlement, torture, tentative de meurtre, souligne le Groupe LOTUS.

En terme chiffré, la somme de plus 1.090.000 FC et 20$ ont été pillés par les policiers, plus de quarante cinq personnes sont victimes directes ou indirectes, 24 femmes dont une fille de moins de 16 ans et 21hommes, poursuit LOTUS qui explique que certes, d’autre familles et personnes n’ont pas été retrouvées de suite d’un retranchement, car il y a plusieurs maisons qui sont inhabitées dans les quartiers LINDI et SEGAMA depuis que l’incident causant la mort du policier est survenue au quartier LINDI.

Le meurtre du policier a eu lieu au quartier LINDI, en date du 05 juin 2020 mais la population s’étonne de constater que les représailles de la police ont traversé LINDI en passant par le quartier SEGAMA pour aller chuter au Bloc LENGEMA dans le quartier plateau médicale.
En plus, il y a des arrestations qui s’accentuent dans les 3 quartiers pour des faits banaux.

Bref, il existe actuellement, note l’ONGDH chère à Dismas Kitenge, un climat de méfiance totale à l’égard de la police qui s’installe depuis plus au moins un mois dans cette partie de la ville de Kisangani.

Le Groupe LOTUS recommande ainsi les enquêtes sérieuses et crédibles pour que la justice soit faite de part et d’autres. Que les responsables soient traduits devant la justice par l’ouverture d’une enquêté judiciaire à l’auditorat.

Et enfin, le groupe lotus appelle aux autorités policières à plus de stratégies dans le rétablissement de l’ordre public pour éviter le débordement qui fait toujours les victimes.

Notons que ce dit rapport (de dix pages) d’enquêtes effectuées par LOTUS retrace cependant des cas de violations de droits humains à charge de la police nationale congolaise et y annexe la liste des victimes de ces atrocités.

 

Serge SINDANI

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