L’amenuisement d’un État (Congolais) se trouve dans l’inefficacité de ses institutions dans son sens restreint et élargi, pas forcément dans l’organisation des élections. Et la légitimité est un début par ailleurs les institutions fortes sont une finalité. Même si, enfin de compte, il y a la vacuité des institutions démocratiques. Cette inspiration résulte d’une tribune d’Aristote Ngarime, politologue.

À la Tshopo, l’une de paisibles provinces et grande en superficie, cette réalité est loin d’être réelle. Les tirs à boulets rouges entre deux institutions, l’Assemblée provinciale et l’exécutif foisonnent depuis le 25 juin 2020, journée fatidiquement inébranlable dans les annales de la province de la Tshopo.
Cette date est depuis lors au cœur d’une saga politique sans précédent.

Interprétation abusée ou non des résultats issus du vote d’une fameuse motion de censure initiée par le député Paulin Ledongolia, en tout cas les langues ne se lient pas, les violons ne se raccordent guère entre filles et fils nés pour un même défis, la RDC.
L’histoire est méchante et loin d’être réécrite. Récit d’une journée musculeuse dans la Tshopo.

La Genèse

Sans ambages, la motion d’un jeune député n’a toujours pas connu une issue favorable face aux pluraux jeux démocratiques et ou, des biceps. Le soleil ne s’est toujours pas arrêté, comme l’insinue, un proche du gouverneur. Où en sommes-nous ? Suspens.

Véritable suspens, flou juridique, démarches fuitées, la pyramide s’inverse aussitôt. C’est la polémique qui s’ouvre.
Les députés provinciaux motionnaires se gonflent la gorge. Ils ne sont plus 13, 17, ils sont 19 autrement G19. Ces derniers saisissent à ciel ouvert le premier citoyen, garant du bon fonctionnement des institutions. De la motion à la mise en accusation, il y a prolifiquement une boîte de Pandore.

Dos au mur, le Gouverneur de la Tshopo Walle Lufungula est assis sur son fauteuil roulant devant les affaires courantes, il est sans froid et croit à la justice. Mais un check-up complet est derrière lui, il est accusé de toute épilepsie. Dictateur, gère la province par défis, voleur, et bien plus.

Si on évalue, le programme de Walle depuis son avènement à la tête de cette Tshopo, il est à deux pourcent de la réalisation.» vocifère un membre de l’AP.

Un mardi musculeux

Le chemin parcouru est long et beaucoup reste à faire. Voici un raccourci trouvé.
Mardi 28 juillet, le soleil n’hésite pas de quitter son lit pour rayonner un nouveau jour, une page neuve veut s’écrire dans cette guéguerre interinstitutionnelle. Un mouvement concerté est en place pour contrer les “manoeuvres dictatoriales” d’un gouverneur réputé “démissionnaire”, d’après l’Assemblée provinciale.

« Tshopo Telema », « Tshopo Simama », « lève-toi Tshopo » c’est en effet, ce cercle des jeunes leaders issus de nombreux regroupements citoyens de Kisangani. Ils sont impavides et ne jurent pour toutes démarches qui visent l’éviction de Walle Lufungula.

Au lendemain de la marche, la sensibilisation est au zénith. De l’autre côté, la cacique Walle sensibilise pour une marche de soutien. La polémique, le litige, le différent sont des caractéristiques qui s’installent aussitôt.

https://www.politico.cd/encontinu/2020/07/27/tshopo-une-marche-anti-walle-lufungula-au-coeur-dune-polemique.html/65583/

Le maire de la ville en tant que père des polémistes s’y prend à conscience et interdit toutes les marches. Jean-Louis ALASO est incapable face à trois correspondances d’information possiblement à contre-pied. Il cède pas et reste déterminé.

« La Tshopo a besoin de la paix pour le développement, celui qui veut troubler la paix, vous connaissez son lieu…» insistait Walle Lufungula à l’esplanade de la mairie après une longue marche du FCC.

De tout bord, les polémistes ne s’attendent pas sur leurs nattes et tous, veulent se lever au grand jour, mardi 28 juillet.

Notre souhait sera de trouver le bureau de l’assemblée provinciale pour remettre officiellement notre mémorandum. Cette marche est pacifique et nous profitons pour faire un appel à la population pour qu’elle vienne massivement”, déclare un leader pro Tshopo Telema.

Le soleil finit par apparaître en dépit de tout, mobilisation, arrestation et ou, démotivation de deux côtés. Visiblement, la cacique pro est un éternel Observateur et a lâché la corde. L’autre camp s’empare le point de départ, rond-point Stade.
C’est un début des tirs croisés. Véritable débandade, des hommes en uniformes paradent l’endroit.
« Notre mission ici c’est de faire bloc à tout récalcitrant aux mesures des autorités.» soutient un officier de la PNC à Kis24.info

Gaz lacrymogènes, balles réelles, il y a forte dispersion. Les journalistes venus pour un état des lieux, en sont premières victimes. L’un d’eux est touché et perd connaissance.

Trainer comme des vulgaires Messieurs, quelques journalistes de la ville de Kisangani ont essuyé des tirs des gaz lacrymogènes et balles réelles.
#NousexigeonsJustice
@Presidence_RDC @fatshi13 @moise_katumbi @MBolunda @BotambaTresor @FontaineMangala @pbeyok https://t.co/BTZ10QJkb6 » écrit Jean-Claude Fundi sur sa page Twitter.

La journée s’annonce très tumultueuse et grandement agitée à haut point. Les foules sont dispersées, la répression policière est vivement perceptible, la polémique dans les réseaux sociaux est prolixe. La marche contre Walle Lufungula est étouffée. Des arrestations s’en suivent, un cadre de Filimbi est aux arrêts et quelques autres militants. D’autres en échappent bel.

#Kisangani:
#Elie_Munganga de @filimbi243 et 5 autres activistes membres du collectif #Tshopo_Telema arrêtés brutalement et jettés en prison pour avoir réclamé pacifiquement le départ du Gouverneur illégitime de la Tshopo. https://t.co/CLOqtKat4G» peut-on lire sur Twitter.

Ballet démocratique ou Bavure policière

Dans un instant, la tension monte à l’Assemblée provinciale, point de chute des manifestants. La police mixtée aux éléments armés PM y instaurent un climat inhabituel. L’organe délibérant est menacé d’être scellé au triste sort des agents administratifs qui de leur côté, font résistance. Pillage, vol, extorsion systématique s’en procède à l’insu du président de l’AP.

Informé, Gilbert Bokungu Isongibi visible, au volant, quelques minutes de la bourde. C’est l’arrivé du père. Les agents sont en furie maximale, plusieurs biens sont emportés. Il prend les devants de la scène.

le problème qui est aujourd’hui dans la Tshopo, c’est un problème purement politique, ne vous y mêlez pas chère police et armée...» dit le PAP devant le commissaire ad intérim de la Tshopo.

Tshopo: Intrusion de la PNC et PM à l’Assemblée provinciale, Gilbert Bokungu lance sa flèche à l’antilope (PV)

Le constat est ameur. Gilbert Bokungu Isongibi estime dans un PV qu’une vingtaine des téléphones de haute qualité (Android) sont emportés, une machine ordinateur et une moto.

Dans la foulée, un député provincial s’attise le feu. Il y a bagarre rangée entre lui et certains agents de l’Assemblée provinciale. N’en connaissons pas plus.

Au crépuscule de la journée, la bataille se poursuit sur les réseaux sociaux. Si les uns estiment qu’il y a eu un fiasco notoire de la journée, l’autre camp ne vacille pas d’avancer des arguments de force, en réaction.

D’un Ballet démocratique prôné par Walle Lufungula dans sa province à la répression musclée, bavure policière, que dire ? Sans mot. Seul les observateurs pourront donc dire.

Un analyste, membre de droits de l’homme, contacté par kis24.info estime cependant que le dialogue et la collaboration pourront mettre fin à cette guerre civile. Pourquoi Gilbert Bokungu et son camarade Walle , tous du FCC, salissent l’image de la Tshopo ? S’interroge-t-il. « Réfléchissons et passons à une étape, celle du décollage, car cette crise ne profite en rien que de salir la Tshopo.» poursuit-il.

Serge Sindani

J'aime :

Facebook Comments

You may also like

Tshopo: une femme voilée par un militaire puis abandonnée en état d’inconscience, alerte “Afia Maman”

Une femme d’autrui, dont l’âge n’est pas révélé,