Le maire de Beni au Nord-kivu, Nyonyi Bwanakawa, désavoué dans sa juridiction, est sorti de son silence et pointe du doigt les députes provinciaux et nationaux élus de Beni ville ainsi que le gouvernement provincial de soutenir la tuerie à répétition des civils dans cette région. Il a fait ces révélations ce vendredi 29 mai lors de son intervention à la RTR Beni.

Depuis trois jours, les mouvements citoyens et les groupes de pressions ont lancé une série des journées villes mortes pour demander son départ et le commandant de la police nationale congolaise, le Colonel François Kabeya. Ils sont accusés respectivement de manque d’initiative dans l’essor de la ville et d’inefficacité dans la sécurité des personnes et leurs biens.

Le maire Nyonyi Bwanakawa met ainsi en cause les politiciens dont les députés nationaux et provinciaux ainsi que le gouvernement provincial d’instrumentaliser les manifestants. D’après toujours, depuis son interpellation à Goma par le gouvernement provincial, il ya une semaine, il ne reconnait pas le motif pour lequel a été appelé par sa hiérarchie.

Ces jeunes sont instrumentalisés par certains politiciens dont les députés nationaux et provinciaux malheureusement avec l’appui du gouvernement provincial. J’ai été appelé ici à Goma, les gens se demandent à Beni que le maire est à Goma entrain de comparaitre. Je tiens à vous rassurer que je ne sais pourquoi je suis à Goma. Je suis à l’hôtel, je dors et je me réveille voilà ce que je fais ici vraiment je ne sais pas pourquoi je suis ici. Je n’ai jamais été appelé quelque part pour comparaitre. Quand je réfléchis l’objectif de ceux qui manipulent les jeunes et que la ville soit ingouvernable parce que les jeunes veulent mon départ puisque je suis incapable de ramener la paix alors que leur objectif principal et qu’ils se retrouvent dans la petite territoriale qui est attendue. Vous aviez vu il ya eu trois personnes tuées dans la ville, il s’agit de morts planifiées qui doivent servir de prétexte pour ces groupes de pressions pour rendre la ville ingouvernable” a fait savoir le maire Nyonyi Bwanakawa.

C’est pourquoi, le maire pointe du doigt certains politiciens comme auteurs des massacres des centaines personnes depuis 2014, début des phénomènes cruels imposés par les ADF/MTM.

« Qui tue à Beni.» s’interroge le maire de Beni.

Et de poursuivre:

La réponse est directe, ce sont les politiciens. Ce qui se passe à Beni est une oeuvre d’une instrumentalisation des politiciens notamment les députés provinciaux et nationaux qui créent d’insécurité. Je suis un politicien averti en lisant les signes de temps je comprends ce qui se passe. J’appelle les jeunes de laisser la population tranquille à Beni nous avions longtemps souffert» a-t-il expliqué.

Le maire et le commandant de la police sont jugés ”
des “persona non grata “par un groupe de pression.

Insécurité à Beni: des jeunes « indignés » demandent à Tshisekedi de changer la « chaîne de commandement »

La police nationale Congolaise a annoncé ce mercredi 27 mai 2020 avoir interpellé 12 personnes à Beni lors d’une manifestation populaire réclamant le départ des autorités politico-administratives dont le maire Nyonyi Bwanakawa. Elle les accuse de trouble à l’ordre public.

Beni a ressemblé à nouveau mercredi à une ville fantôme au lendemain des obsèques du militant de la LUCHA, Freddy Marcus tué en bout portant par un élément de la police, jeudi 21 mai 2020 dans une marche populaire contre l’insécurité. À la base, un nouvel appel à manifester lancé par le groupe de pression Veranda Mutsanga pour solliciter la démission de l’appareil sécuritaire.

Déjà tôt le matin du mercredi dernier, les grandes artères, les rues et avenues de la ville ont été barricadées par les manifestants. Du centre commercial de Mathonge, en passant par le boulevard Nyamwisi.

Par cette action, les militants de ce groupe de pression exigent le départ du maire Nyonyi Bwanakawa et du Commandant de la police François Kabeya. Selon la Veranda Mutsanga, le bilan du maire Nyonyi Bwanakawa est un échec cuisant dans tous les secteurs de la vie pendant ses dix ans à la tête de Beni. Pour sa part, l’autorité policière est mise en cause par ce groupe de pression de passivité dans la sécurité de la ville, en à croire les mécontents, depuis sa prise de fonction en décembre dernier. Trois personnes ont été tuées en pleine ville dans une criminalité urbaine. La goutte qui est venu déborder le vase, c’est après le meurtre du militant de la LUCHA, Freddy Marcus, tué dans une répression policière.

Les forces de l’ordre et de sécurité ont été ainsi déployées sur terrain pour étouffer cette manifestation. Toute la journée du mercredi, la police était entrain d’évacuer les pierres et éteindre le feu placés sur le macadam.

Lors de la dispersion des manifestants, la PNC annonce l’arrestation des 12 personnes dont quelques mineurs.

Nous voulons toujours maintenir de l’ordre en ville pour que la population vive dans une quiétude totale. Mais quand il ya des manifestants qui veulent marcher alors ils veulent nous déconcentrer pour encadrer leurs marches au même moment l’ennemi peut profiter pou r nous attaquer ” a expliqué Nasson Murara, chargé du service de l’information et de la communication au sein de la PNC.

Pour rappel, il ya près d’une semaine, les activités socio-économiques sont paralysées en ville de Beni.

Jonathan Kataliko

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