En Afrique, les études relatives à la construction sociale de la sexualité menées par les Africains eux-mêmes ne sont pas très nombreuses, comparées à celles dont il est possible de disposer en Occident. L’une des raisons est que l’univers de la sexualité en Afrique depuis l’ère du christianisme est entouré de tabous, à l’instar de plusieurs autres régions du monde. En Afrique le plus souvent le sexe se pratique davantage qu’il ne se dit; même à travers les contes lors qu’ il est abordé, c’est par le biais de métaphores, d’analogies, d’ellipses ou encore de métonymies.

Mal dans leur peau ou bien dans leurs baskets suite aux différentes menaces d’une partie de la population, les gays et lesbiennes préfèrent rester discrets et vivre en clandestinité en République démocratique du Congo, l’un des rares pays d’Afrique qui ne pénalise pas l’homosexualité.

Vicky, coiffeur ayant pignon à Mahagi dans la Province de l’Ituri dit n’avoir aucun complexe.

Mes propres parents m’ont accepté tel que je suis, les autres, je n’en n’ai rien à foutre !“, lâche-t-il avec assurance malgré les menaces diverses de la population.

En RDC, la loi ne condamne pas l’homosexualité et contrairement à ce qui peut se passer dans des pays à la législation homophobe, le programme gouvernemental de lutte contre le sida prévoit un volet de prévention aussi à destination de la population homosexuelle.

Pour les associations de promotion des droits de l’homme dont Action Congolaise pour le Respect des Droits Humains « ACRDH » en sigle ainsi que certaines ONG humanitaires concernées, qui célèbrent chaque année la journée internationale contre l’homophobie, cette implication de l’Etat, même à échelle réduite, est d’autant plus importante que les homosexuels sont globalement plus exposés que les autres aux relations non protégées, notamment du fait que nombre d’entre eux, rejetés par leur famille, en viennent à se prostituer pour subsister.

C’est ce qui justifie le combat du Directeur Exécutif National d’ACRDH, Mr Junior SAFARI RUNIGA, lors d’une conférence de presse tenue à MAHAGI le 29 janvier 2020 alors en mission du lancement de projet de sensibilisation et prise en charge des PVV à MAHAGI, soutenu que comme dans certains pays, aussi exempts de loi répressive, les homosexuels subissent “des violences verbales, morales et des cas isolés de chantage ainsi que de menaces” forçant beaucoup à vivre “en cachette“, voire à s’exiler.

Mr Junior SAFARI lors de la conférence de presse à Mahagi fustigeant les menaces contre les HSN

C’est depuis fin janvier que ce HSN avec ses quatre autres amis à MAHAGI ont échappés du lynchage de la population de cette contrée surpris en plein acte amoureux entre eux mais qui ont eu la vie sauve grâce à la police d’intervention rapide de ce territoire. Une fois au poste de police, ils ont été entendus verbalement puis été placés à garde à vue en attendant l’apaisement de la population.

Depuis le samedi 01 février 2020, les 4 HSN ont évadés de poste de police pour prendre une direction autre. Ayant été appelé par Mr Vicky l’un de ces 4 HSN, ACRDH est allé vers eux dans un lieu de cachète vers Bunia. Les ayant trouvés, ACRDH les a conduites à Bunia sous coulisse avec des moyens de bord insuffisant.

Rappelons tout de même que dans cette partie du territoire, les homosexuels se rencontrent via Internet ou dans les bars et boîtes de nuit qui tolèrent leur présence, et où la cohabitation avec les hétérosexuels se passe généralement bien. Les femmes se montrent plus discrètes que les hommes et se livrent moins. C’est dans ce contexte que ces HSN se sont croisé depuis plus de 3 ans actuellement.

ACRDH recommande aux autorités tant locales que nationale de tout mettre en œuvre pour la protection de ce groupe vulnérable comme tant d’autres et selon les prescrits de la constitution du 18 février 2006 en République démocratique du Congo et mettre fin à leur poursuite car ces personnes ont aussi droit à leur propre orientation sexuelle.

Rédaction

 

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