Inoubliables, les atrocités meurtrières de six jours soit du 05 au 10 juin 2000 à Kisangani, virevoltent dans la mémoire des boyomais, 19 ans après ces exactions militaires entre le Rwanda et l’Ouganda qui ont mis le feu sur la ville de Stanley devenue “martyre”.

Ce mardi 26 novembre, les indignations face au dernier report des Audiences publiques entre l’Ouganda et la RDC consacrées à la question des réparations dans cette affaire, ont été vives dans les sensibilités. Des visages des victimes des affres de cette guerre ont été en furie totale dans l’après-midi, dans une marche Pacifique des forces vives de la Tshopo aux côtés des mouvements citoyens et des structures des jeunes.

Devant le gouverneur de la Tshopo, ennuyés, les manifestants ont lancés des messages au Président de la république, Félix Tshisekedi et lui ont exigé des explications claires sur la motivation du dernier procès reporté par la CIJ et la construction d’un mémorial pour les victimes des guerres à Kisangani, jadis ville paisible.

Du lundi 05 au samedi 10 juin 2000, six jours d’horreur

Tout a commencé un certain lundi 05 juin 2000 aux environs de 9h , Durant six jours au bas mot, la ville de Kisangani toute entière a été tétanisée de terreur, rappelle les victimes à Félix Tshisekedi, chef de l’État, devant son représentant en province.

Nous avons vu notre ville au bout de seulement six jours, se faire progressivement rayer de la carte du pays .Nous avons vu nos terres se regorger des sangs, telle une baraque sordide au bord d’une vallée pendant l’inondation.Nous avons vu de tous azimuts, nos aînés parfois même le troisième âge courir plus vite que leur ombre, sous les bruits assourdissant de crépitement des armes pour essayer d’échapper à la mort” continuent à vociférer, les manifestants au coeur levé.

Et à Mateus Kanga, qui haussait la détresse des victimes, de poursuivre :

Au sixième jour, on procédait clandestinement à l’inhumation de certains morts parfois sans sapin et cela sans compter des milliers autres qui reposent ces jours dans le cimetière dit de six jours”.

Selon plusieurs rapports nationaux et ou, internationaux, ces successions d’affrontement entre le Rwanda et l’Ouganda ont causé au moins 1 200 morts et 3 000 blessés spécialement des civils. 7 000 obus retentissaient au dessus de la ville martyre. Ces obus déformerent l’architecture de Kisangani devenue l’ombre d’elle-même depuis les différentes atrocités connues dans cette agglomération urbaine.
Des familles éplorées sont nombreuses et oubliées par les deux gouvernements voisins et voire de la RDC.

Réparation et Indemnisation des victimes ou rien

Après les échecs de négociation entre les deux pays en Mai 2015, La cour internationale de Justice avait de nouveau appelé à l’ouverture des audiences publiques en date du 18 au 22 novembre dernier entre la RDC et l’Ouganda. Ces procès ont été reportés à une date ultérieure sur concertation des deux présidents de ces pays.

Eu égard à ce unième report, les citoyens Congolais, habitants de la ville de Kisangani qui estiment en amont “qu’on ne peut espérer à la paix, ni au développement en donnant une carte rose à l’impunité“, soutiennent la tenue immédiate des procès pour leurs Indemnisations par l’Ouganda.
Ceux-ci promettent se mobiliser en un seul homme pour faire valoir leurs droits et ainsi, disent-ils, honorer ses martyrs.

Pour sa part, le gouverneur de la province de la Tshopo a indiqué que le président de la république est très sensible aux réclamations de son peuple et reste préoccupé par toutes ces activités des guerres qui ont faits nombreux morts.

Serge Sindani

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